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Modèle de bail : le contrat type, commenté clause par clause

Chercher « un bon modèle de bail » est une question mal posée : depuis la loi ALUR, le modèle ne se choisit pas, il est imposé par décret. La vraie difficulté est ailleurs — savoir ce que chaque clause engage, et repérer les cinq ou six endroits où un contrat recopié devient inopposable.

Au 1er octobre 2026, le contrat type change. Le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 (JO du 7 juillet) remplace les modèles issus du décret n° 2015-587 du 29 mai 2015, pour la location vide, la location meublée et la colocation à bail unique. Il s'applique aux baux conclus ou renouvelés à compter de cette date : les baux en cours n'ont pas à être refaits. Le changement le plus visible est la clause résolutoire, désormais obligatoire.

Le modèle n'est pas libre

L'article 3 de la loi du 6 juillet 1989, dans sa rédaction issue de la loi ALUR du 24 mars 2014, impose que le contrat de location d'une résidence principale — vide ou meublée — soit conforme à un contrat type fixé par décret. Ce n'est pas une recommandation : c'est la forme légale du contrat.

Trois conséquences pratiques, qui expliquent l'essentiel des litiges :

Le bail ne relève du contrat type que s'il porte sur la résidence principale du locataire. Une location saisonnière, un bail mobilité, un logement de fonction ou une résidence secondaire obéissent à d'autres régimes — et un bail d'habitation appliqué à un local commercial est une erreur de nature, pas de rédaction (voir notre guide du bail commercial).

Les parties : qui signe, et qui est engagé

Le contrat type impose l'identité et le domicile du bailleur, et le cas échéant celle de son mandataire. Deux omissions coûteuses :

Côté locataire, tout occupant majeur doit figurer au bail. Un conjoint non signataire est malgré tout cotitulaire par l'effet du mariage ; un concubin, non — et il ne pourra pas se maintenir dans les lieux.

Le logement : la surface est une mention à risque

Le contrat type impose la désignation du logement, sa surface habitable, le nombre de pièces principales, les éléments d'équipement à usage privatif, la nature des locaux accessoires, et la destination des lieux.

La surface habitable n'est pas la surface Carrez. La surface habitable (article R.156-1 du code de la construction) exclut les combles non aménagés, caves, garages, terrasses et toute hauteur sous plafond inférieure à 1,80 m. Si la surface portée au bail est inférieure de plus d'un vingtième à la surface réelle, le locataire peut exiger une diminution du loyer proportionnelle — y compris rétroactivement.

La durée, et ce qui se passe à son terme

Type de bailDurée minimalePréavis du locataire
Vide, bailleur personne physique ou SCI familiale3 ans3 mois, ou 1 mois en zone tendue et cas particuliers
Vide, bailleur personne morale6 ansidem
Meublé (résidence principale)1 an1 mois
Meublé étudiant9 mois, sans reconduction1 mois

À défaut de congé régulier, le bail est reconduit tacitement aux mêmes conditions. Le congé du bailleur n'est possible que pour reprise, vente ou motif légitime et sérieux, avec un préavis de six mois en location vide et de trois mois en meublé.

Le loyer : trois mentions qui décident de tout

Le montant, et son encadrement éventuel

En zone d'encadrement des loyers, le bail doit porter le loyer de référence et le loyer de référence majoré. Un dépassement non justifié par un complément de loyer régulier expose à une action en diminution.

Le trimestre de référence de l'IRL

C'est la mention la plus souvent bâclée, et celle qui rend les révisions ultérieures impossibles ou illégales. Le bail doit indiquer la date de révision et le trimestre de référence de l'indice retenu. Ce trimestre est figé pour toute la durée du bail : réviser en prenant le dernier indice publié comme point de départ produit une augmentation excessive (voir notre calculateur de révision).

Passoires thermiques : pas de révision du tout. Le loyer d'un logement classé F ou G au DPE ne peut être ni révisé, ni augmenté entre deux locataires. La mesure s'applique depuis le 24 août 2022 en métropole et depuis le 1er juillet 2024 en Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion et à Mayotte. Seuls des travaux améliorant le classement rouvrent le droit d'augmenter.

Les charges : provisions ou forfait

En location vide non colocative, seules les provisions avec régularisation annuelle sont admises. Le forfait de charges n'est ouvert qu'au meublé et à la colocation. Le bail doit dire lequel des deux régimes s'applique — l'oubli se paie au moment de la régularisation (voir notre calculateur de régularisation).

Le dépôt de garantie

Un mois de loyer hors charges en location vide, deux mois en meublé, et aucun dépôt possible lorsque le loyer est payable d'avance par période supérieure à deux mois. La restitution intervient dans un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, deux mois sinon, sous peine d'une majoration de 10 % du loyer mensuel par mois de retard commencé.

La clause résolutoire : obligatoire à compter du 1er octobre 2026

Prise pour l'application de la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 et de la loi n° 2024-1103 du 19 novembre 2024, la refonte du contrat type intègre une clause résolutoire obligatoire : résiliation de plein droit pour défaut de paiement du loyer, des charges ou du dépôt de garantie, ne produisant effet que six semaines après un commandement de payer demeuré infructueux.

Ce qui était facultatif devient donc la règle. Deux lectures pour le bailleur : la procédure d'impayé est plus rapide qu'avant la loi de 2023 (le délai était de deux mois), mais l'automaticité de la clause reste sous le contrôle du juge, qui peut accorder des délais de paiement et suspendre ses effets.

Un bail signé avant le 1er octobre 2026 reste valable et n'a pas à être refait. En revanche, un bail renouvelé après cette date relève du nouveau contrat type : c'est le point que les modèles enregistrés sur un disque dur vont manquer.

Les clauses réputées non écrites

L'article 4 de la loi de 1989 dresse une liste de clauses qui ne produisent aucun effet, même signées, même paraphées, même écrites en gras. Les plus fréquemment rencontrées dans les modèles recopiés :

Une clause non écrite n'invalide pas le bail : elle disparaît, et le reste tient. Mais elle décrédibilise le contrat entier devant un juge, et signale un modèle non maintenu.

Les annexes : là où se perdent les procédures

Le bail sans ses annexes est incomplet, et l'incomplétude se découvre au pire moment — au congé, à l'état des lieux de sortie, ou au tribunal.

AnnexeQuandCe qu'on risque à l'oublier
Notice d'informationToujoursManquement au contrat type
État des lieux d'entréeToujoursLe logement est présumé remis en bon état : aucune retenue possible
DPEToujoursOpposable ; conditionne le droit de réviser le loyer et, à terme, de louer
État des risques (ERP)Toujours, daté de moins de 6 moisRésolution du bail ou diminution du loyer
CREP (plomb)Logement d'avant 1949Responsabilité pénale en cas d'intoxication
AmiantePermis avant juillet 1997Responsabilité du bailleur
Électricité et gazInstallation de plus de 15 ansResponsabilité en cas d'accident
Bruit (Plan d'exposition)Zone d'aéroportDiminution du loyer, résolution
Inventaire du mobilierMeubléRequalification en location vide, avec bail de 3 ans
Règlement de copropriété (extraits)CopropriétéInopposabilité des règles de l'immeuble au locataire

Les diagnostics ont chacun leur durée de validité, et elles diffèrent selon qu'on loue ou qu'on vend. Un DPE valable pour une vente peut être périmé pour une location : c'est une confusion fréquente et sans rattrapage.

Ce qu'un modèle Word gratuit rate presque toujours

Questions fréquentes

Où trouver le modèle officiel ?

Le contrat type est annexé au décret lui-même, consultable sur Légifrance, et service-public.fr en propose une version remplissable. Ce sont des documents à compléter à la main : ils ne vérifient rien, ne joignent pas vos annexes et ne connaissent pas votre logement. C'est précisément le travail que fait une application de gestion locative.

Faut-il refaire les baux en cours au 1er octobre 2026 ?

Non. Le décret n° 2026-596 vise les baux conclus ou renouvelés à compter de cette date. Un bail signé en juin 2026 poursuit sa vie sous l'ancien contrat type ; il basculera lors de son renouvellement.

Un bail verbal est-il valable ?

Il n'est pas nul, mais il est ingérable : l'écrit est obligatoire, et chaque partie peut exiger de l'autre l'établissement d'un contrat conforme. Sans écrit, la durée est présumée de trois ans, aucune retenue sur dépôt n'est possible faute d'état des lieux, et aucune révision de loyer n'est envisageable faute de clause.

Peut-on ajouter ses propres clauses ?

Oui, tant qu'elles ne figurent pas à l'article 4 et qu'elles ne contredisent pas le contrat type. Une clause d'entretien de la chaudière, une interdiction de fumer ou une règle sur les animaux — sous réserve du droit de détenir un animal familier — sont admissibles. Une pénalité financière ne l'est pas.

Loyva produit le contrat au format du contrat type en vigueur, reprend la désignation du logement et ses équipements depuis la fiche du bien, numérote les articles selon votre situation, rattache les diagnostics avec leurs dates de validité, et édite l'acte de cautionnement séparément comme la loi l'exige. Quand le contrat type change, le gabarit change — pas votre disque dur.

Ce guide n'est pas une consultation juridique. Il décrit l'état du droit à sa date de mise à jour, pour une location à usage de résidence principale en France. Une situation particulière — bail mobilité, colocation à baux multiples, logement conventionné, location outre-mer, bailleur professionnel — appelle une vérification au cas par cas.

Mis à jour le 21 août 2026. Sources : loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, décret n° 2015-587 du 29 mai 2015, décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026, loi n° 2021-1104 du 22 août 2021 (climat et résilience).